CHRISTOPHE ABADIE |
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Le TABLEAU : je le considère un instant, Lou Reed walk on the wild side, je me lance.
Un pinceau, large, court, raide, étroit, long, flexible, plat, effilé. La pâte, peinture à l’huile, couleur contrainte en tube qui s’expanse, émulsion comme une crème, liquide, épaisse, Iggy Pop I am a passenger, j’attaque. D’une large queue de morue, je brosse à grands traits sur la toile, Bowie Ziggy Stardust, je mets les doigts. Je mesure l'écart, j'y retourne, elle se dérobe, je m’entête, elle me nargue... rouleau, pinceau, couteau, bombe, pastel, la main entière, rauque Tom Waits, je gratte, je gicle, je superpose, je frotte, j’efface… Je mets la toile par terre : quatre côtés, quatre angles d’attaque. Je danse, Bashung Comme un Lego, je suis un chaman, mon pinceau un encensoir, qui survole la toile, giclée qui sort du geste, stridences de Chostakovitch, tout s’accélère dans l’oubli de soi. Court moment de grâce aussitôt dissipé, mais le tableau est là, il ne m’échappera pas. J’éteins la musique. The painting : I gaze at it, Lou Reed walk on the wild side, I attack.I sketch with a large charcoal and with a wide Flat brush I throw big strokes down on the canvas,
The painting is there. I switch off the music. I dance, Bashung comme un lego, I am a Shaman, my brush is a censer, a gushing out from the gesture, Chostakovitch’s shrillness, everything speeds away in self oblivion… |
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